annedenanteuil@live.fr

Bio



Née en 1979 à Paris.

Vit et travaille à Paris et Saint Denis.

Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Université PARIS 8

 

Contact:

annedenanteuil@live.fr

06 15 03 77 32

https://www.facebook.com/anne.denante

 

 

 

 

 

 

Représentée par la galerie ALB 

 

 

47 rue Chapon, 75003 Paris

www.galeriealb.com

 

 

 

Le jeu des contraires

 

Notre habitude logique est d’éliminer la contradiction : face à un couple de solutions toutes deux plausibles bien qu’opposées on choisit généralement de négliger l’une, de fait rabattue à la basse condition d’erreur, pour mieux légitimer l’autre. Comme si les antagonismes devaient nécessairement être défaits, et encore en faveur d’une issue exclusive. A contrario tout, dans le travail d’Anne de Nanteuil, concoure à ne justement pas résoudre les ambivalences.

C’est particulièrement manifeste dans ses espaces-machines – question de titre déjà, un mot composé, faisant donc sens par juxtaposition de deux termes dont l’enchaînement déborde à l’évidence leur simple somme. Voilà pour intention : l’enjeu est la relation, ce complexus par lequel le latin désigne ce qui est tissé ensemble. Il faut dire qu’avec ces nouvelles pièces murales Anne de Nanteuil s’applique d’évidence à imbriquer, à entremêler les choses en exploitant les interactions au lieu de les gommer ou de les lisser. Quitte à ce que ce processus conduise à certains paradoxes.

Quant à la nature même de la série d’ailleurs, d’emblée, on hésite : tableaux ou bas-reliefs ? Au centre de petites portions presque carrées de parquets flottants sont marquetés des modules géométriques en axonométrie. Pour fond donc, le plan du sol basculé à la verticale. Mais en son milieu, soulignant la si classique croisée des diagonales, la figure architecturale en perspective vient contredire cette planéité très moderniste – toute l’ironie étant de faire ainsi coexister un système de représentation de la profondeur avec cette autre conception antonyme de l’espace pictural qui, à l’inverse, préconise de l’évacuer. A moins, bien sûr, que le plan frontal ne soit plutôt un socle. Car de ce fragment de plancher s’enlèvent ici et là les saillies discrètes de l’une ou l’autre des différentes surfaces composant la vue en axonométrie. C’est aussi un travail de sculpture, avec ces jeux d’épaisseurs ténues qui rehaussent certains éléments de ces architectures aberrantes sans pourtant jamais simuler l’élévation induite par le tracé perspectiviste. Façon une nouvelle fois pour Anne de Nanteuil de déjouer toute univocité de lecture en composant par le volume un objet en propre, non pas réduit à rejouer l’image mais venant ajouter une toute autre infrastructure parfaitement antagoniste aux modalités de représentation spatiale déjà à l’œuvre. Voilà la mécanique de ces étranges espaces : un certain désordre, cette dérégulation non pas confusionnelle mais féconde qui parvient paradoxalement, sans jamais entièrement plier au code, à activer malgré tout une indubitable cohérence de la figure comme de l’espace représenté.

Et l’on pourrait poursuivre : la manière dont l’épaisseur du parquet est biseauté sur son revers (sur chaque côté, les chanfreins convergeant vers le centre) signale littéralement un point de fuite, et ces découpes ajourées qui laissent à l’occasion voir le mur d’accrochage indexent d’autres concepts spatiaux. Si Anne de Nanteuil multiplie les références, synthétisant jusqu’à la parodie puis compilant des décrets esthétiques aussi divergents, c’est pour mieux démontrer les limites comme l’arbitraire de toute conception essentialiste. C’est là un fil conducteur de sa démarche : brocarder, par des citations réitérées aux matières, aux espaces et aux comportements domestiques, ces habitudes intellectuelles sur lesquelles l’on se repose. Autrement dit, déplacer les lieux communs pour mesurer, par l’écart ainsi généré, le caractère régulé du jeu de l’art et de nos représentations quotidiennes.

Il est rare qu’un travail trouve ainsi son principe dans l’équivoque. Il aurait pourtant fallu le pressentir au vu des matériaux utilisés pour ces espaces-machines – tant de rendus contrefais, de plastiques, de vinyles imitant bois, carrelage ou pierre, voilà qui sape définitivement toute prétention à une soi-disant vérité intrinsèque. A rebours, ici, la justesse de la ressemblance dépend de la copie. Autrement dit, la véracité s’avère être le produit d’une falsification réussie – et n’est-ce pas en définitive le cas de toute tentative de traduction de la profondeur, obligé à cet artifice de la réduction à deux dimensions. Anne de Nanteuil assume le simulacre – ce qui n’apparaît comme vrai que sous la condition de sa fausseté –, soutenant par là l’idée qu’aucune forme plastique ne se donne en-soi mais qu’elle doit être construite. Et réaffirmant l’essentiel : que vrai et faux ne sont que des idées, des possibles, et non des états ou des choses.

 

Marion Delage de Luget, septembre 2014.

 

 

 

 

 

EXPOSITIONS (SELECTION)

 

2017

 

D-Structure, exposition collective. Commissariat Louisa Marajo. Le carré d’art, Serris.

 

Ces lieux qui nous gouvernent, exposition collective. Commissariat Marion Delage de Luget. Galerie du Haut Pavé, Paris.

 

2016

 

Choséités, exposition collective. Commissariat Gaya Goldcymer et Jonathan Taieb. Galerie Episodique, Paris.

 

We can control space, exposition collective. Commissariat et participation comme artiste. Le 6B, Saint Denis.

 

L’art a décidé de ma façon de vivre. Galerie ALB Anouklebourdiec, Paris.

 

 

2015 

 

Recto-verso, vente aux enchères à l’aveugle, fondation LVMH, Paris

 

Ici les lointains, Commissariat Jeune création, Le 6B, Saint Denis.

 

Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps. Commissariat Gaya Golcymer. Ecole Prepar’t, Paris.

 

Des envies d’eux. Exposition collective, Galerie ALB, Paris.

 

Des lieux de digression 3, Exposition collective.  Commissariat Marion Delage de Luget, les Salaisons, Romainville.

 

Des lieux de digression 2, Exposition collective, commissariat Marion Delage de Luget, Progress Gallery, Paris.

 

 

2014 

 

40 x 30, exposition collective, Galerie ALB Anouklebourdiec, Paris.

 

Art is hope, les artistes contre le SIDA, curator René-Julien Praz, Piasa, Paris.

 

Ordonnances, Exposition collective, commissariat Maya Benkelaya et Céline Tuloup, le 6B, Paris.

 

Espaces-machines, Exposition personnelle, Galerie ALB Anouklebourdiec, Paris.

 

Sea, Art and sun, Exposition collective, Galerie ALB Anouklebourdiec, Paris.

 

Art paris Art Fair, Galerie ALB, le Grand Palais, Paris.

 

A postériori, Exposition collective, commissariat Valérie Knochel, La maréchalerie, versailles.

 

 

2013

 

Petit mais costaud, Exposition collective, Galerie ALB Anouklebourdiec, Paris

 

Drawing Room, salon du dessin contemporain, Galerie ALB, le carré Sainte Anne, Montpellier.

 

Cabana Canibal, exposition collective, commissariat Julie Lesgourgue, Bastero, Andoein.

 

Transgression, Exposition collective de dessin contemporain, commissariat Judith Guibert, Le 6B, Saint Denis.

 

Cabane cannibale carbonne, Exposition collective, commissariat Julie Lesgourgues & AudreyTeichmann, Espace Hybrid, Bidart.

 

 

2012 

 

Slick Art Fair Paris, Galerie ALB Anouklebourdiec, Le Garage rue de Turenne, Paris.

 

Cabanes cannibales/ Explosion, Exposition collective, commissariat Julie Lesgourgues & AudreyTeichmann, Espace Hybrid, Bidart.

 

L’inverse est vrai aussi, Exposition personnelle, galerie ALB Anouklebourdiec, Paris.

 

Ever living ornement, Exposition collective, commissariat Jeanne Quéheillard, Valerie knochel, et Sophie Auger, centre d’art La Maréchalerie, Versailles et Micro-Onde, Vélizy.

 

Drawing now, salon du dessin contemporain, Galerie ALB, le Carrousel du Louvre, Paris.

 

Cabanes cannibales/ Le refuge, Exposition collective, Commissariat Julie Lesgourgues & Audrey Teichmann, Espace Hybrid, Bidart.

 

 

2011 

 

Inauguration de la galerie Alb, Exposition collective, Galerie ALB, Paris.

 

Ultrafluo, Exposition collective, Commissariat Julie Lesgourgues & Audrey Teichmann, Espace Hybrid,Bidart.

 

Interrompre, Exposition collective, Commissariat du collectif Kurtforever, Le 6B, Saint Denis.

 

L’art au millénaire, Exposition collective, Commissariat Maryline Gillois, Le Millénaire, Aubervilliers.

 

 

2010…

 

Discipline, Commissariat Camille Lavaud, Galerie Artémis, Aymet.

 

Tactiques de déboussollement, Commissariat Mildred Duran, au 59 Rivoli, Paris.

 

Sentences, Musée d’art et d’histoire, Saint Denis.

 

Sub Situ, Exposition in situ en appartement, 9 rue Morand, Paris.

 

Marché, Commissariat Sarah Ramah, galerie Bétonsalon, Paris.

 

Exposition des diplômés, commissariat de l’école des Beaux Arts, Ecole des Beaux Arts, Bordeaux.

 

Maison à Bordeaux, Présentation dans le cadre d’un workshop avec le cabinet de Rem Khoolaas, Galerie du Triangle, Bordeaux.